Pendant près de vingt ans, j’ai œuvré comme gestionnaire dans le milieu des médias, où j’ai dirigé plusieurs équipes dans des contextes très différents. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, de Google et des grands bouleversements numériques, cette industrie a commencé à vivre une décroissance importante.
Je me souviens très bien de cette période. J’étais inquiète, insécure, et j’avais besoin d’un plan B. J’avais besoin de diriger mon énergie vers autre chose que les mises à pied, les compressions budgétaires et l’incertitude constante.
Tu serais une bonne coach.
Au fil des années, certains collègues m’avaient confié qu’ils redoutaient les évaluations de fin d’année. Pour eux, c’était souvent un moment stressant, parfois même anxiogène. Pour moi, c’était tout le contraire. C’était l’un des moments que j’aimais le plus dans mon rôle de gestionnaire.
J’aimais prendre le temps de les aider à voir ce qu’ils avaient accompli, à reconnaître leur progression, à mettre des mots sur leurs forces et à ouvrir de nouvelles perspectives pour leur développement. Ces conversations me nourrissaient profondément.
C’est là, tranquillement, que quelque chose a commencé à se dessiner. Un ami m’a dit un jour : « Tu serais une bonne coach. » Il m’a aussi proposé cette idée qui m’a marquée : m’offrir le défi de ma propre croissance, tout en apprenant à mieux traverser la décroissance autour de moi.
À ce moment-là, le mot “coach” commençait à peine à prendre une place réelle dans mon esprit. Une conversation avec Charles Brassard, l’un des fondateurs de Convivium, a été déterminante. J’étais curieuse, mais aussi prudente. J’ai appelé plusieurs écoles de coaching pour me faire une tête, comparer les approches, sentir ce qui résonnait vraiment pour moi.
Et je suis revenue naturellement au développement intégral.
Il y avait quelque chose dans cette approche qui me parlait profondément. La qualité de présence de Charles, son calme, son humilité, sa capacité à saisir mes enjeux et à me faire sentir comprise, sans jugement, ont eu un impact important sur moi. Je me suis sentie vue telle que j’étais, à un moment où j’avais moi-même besoin de mieux me retrouver.
J’ai fini par choisir de faire le saut. Et surtout, d’investir en moi. Enfin.
Intuitivement, je sentais que je devais approfondir ma propre connaissance de moi avant d’accompagner les autres dans la leur. C’est aussi ce que Convivium me proposait : un chemin de développement personnel exigeant, humain, profond, appuyé par une méthodologie solide qui m’a rassurée dans cette nouvelle voie.
Plus de onze ans plus tard, je suis encore profondément reconnaissante d’avoir saisi cette chance au bond, ce fût un parcours formateur à tous les niveaux.
Cette formation m’a permis de devenir plus authentique, de mieux me comprendre, mais aussi de mieux accueillir la différence chez les autres. J’ai appris à regarder les façons de voir le monde avec plus de curiosité et moins de jugement. J’ai compris, plus intimement, que chacun porte ses propres défis, souvent invisibles, et qu’on ne peut les percevoir que si l’on prend réellement le temps d’écouter pour comprendre et non pour répondre.
Pour moi, la connaissance de soi façonne notre relation à nous-mêmes, aux autres et au monde. Elle influence notre façon de diriger, d’aimer, de décider, de réagir, d’accompagner et de collaborer.
Ce qui était mon plan B est devenu mon plan A.
Mon poste de direction a été aboli après le premier trimestre de ma formation en coaching professionnel. Après 25 ans dans l’industrie, ce fut un choc monumental. Je me retrouvais exactement dans ce passage que j’avais pressenti, mais que je n’avais pas encore vraiment choisi consciemment.
Le soutien de la communauté étudiante, des enseignants et des guides d’apprentissage a été précieux. J’ai pu déposer ce que je portais, être accompagnée dans cette transition et transformer cette épreuve en levier pour ma propre évolution.
Ce qui était mon plan B est devenu mon plan A.
J’ai ensuite lancé ma pratique de coaching. Graduellement, j’ai compris que je n’avais pas à choisir entre la gestionnaire et la coach en moi. Ces deux parties pouvaient cohabiter, se rejoindre et se mettre ensemble au service des autres.
Bien sûr, il y a eu des hauts et des bas. Mais avec le recul, je peux dire que cette formation m’a donné des repères solides, une posture, une profondeur et une confiance qui m’accompagnent encore aujourd’hui.
Dans ma pratique, je demande souvent à mes clients :
« Ce que vous faites est au service de qui ou de quoi ? »
Cette question, je la porte encore parce qu’elle m’a moi-même transformée. Elle m’aide à revenir à l’essentiel, à regarder au-delà de l’action, du rôle ou de la performance.
Je garde aussi précieusement cette posture de curiosité : me demander comment la personne devant moi pourra me surprendre, plutôt que de croire trop vite que je l’ai comprise. C’est une façon de garder le cœur ouvert, de laisser émerger de nouvelles perspectives et de rencontrer l’autre avec plus de présence.
Je n’ai jamais remis en question ce choix de carrière. Avec le recul, investir en moi a été l’un des investissements les plus porteurs de ma vie.
Je ressens beaucoup de gratitude envers Convivium, Charles, Pamela, les enseignants, les guides et la communauté qui m’ont accompagnée sur ce chemin. Cette expérience m’a permis d’ouvrir une nouvelle voie professionnelle, mais aussi une nouvelle relation à moi-même, plus curieuse, plus compatissante, plus vivante.
Et c’est probablement ce que je garde de plus précieux.
Lucie Leduc
Avril 2026
Photo de Lucie Leduc
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