J’ai découvert l’Ennéagramme lors de mon parcours de certification de coach en développement intégral, il y a de cela une dizaine d’années. À l’époque, découvrir mon type avait été une révélation. J’étais fascinée par la justesse de la description de mes patterns de réactivité. Cet outil m’apportait concrètement des pistes d’observation pour « m’attraper dans l’instant présent » et me donner la possibilité de faire des choix différents.
Avec les années, j’ai pu voir avec de plus en plus de finesse comment mon habitude mentale de juger opérait et comment ma souffrance émotionnelle se traduisait en ressentiment. Aujourd’hui, j’en ris, mais à une certaine époque, une forme de jugement s’ajoutait au fait de me voir juger et de ressentir de la colère devant la non-perfection du monde (surtout la mienne). Ce fut souffrant jusqu’à ce que je décide de me foutre la paix! Bordel! Après tout, je n’étais qu’un être humain qui tentait de faire de son mieux avec ce qu’il avait. Il fut apaisant pour moi de réaliser que j’étais ASSEZ pour pouvoir avancer dans ce monde.
Dans le cadre de mes nombreuses lectures sur l’Ennéagramme et de mes participations à plusieurs activités de formation sur le sujet, on effleurait souvent la question des instincts. Les descriptions présentées étaient associées aux sous-types de chaque type : un sous-type auto-préservation, un sous-type sexuel et un sous-type social. Ma curiosité m’a amenée à me questionner davantage sur leur utilité dans le développement humain.
Puis, j’ai découvert que nos instincts sont au cœur de nos motivations à répondre à nos besoins les plus fondamentaux :
- Auto-préservation : assurer notre bien-être physique, cultiver les habiletés et les capacités nécessaires pour préserver notre indépendance et notre résilience, nous sentir autonomes et compétents, disposer des ressources nécessaires pour nous organiser et exprimer nos valeurs;
- Sexuel : tout ce qui concerne le choix d’un partenaire sexuel et le désir de se sentir «choisi », la recherche d’une chimie générant des possibilités de créativité, ainsi que la dissolution temporaire de l’expérience habituelle de notre individualité afin d’explorer les formes que pourrait prendre un renouveau;
- Social : être en relation et maintenir un lien émotionnel étroit avec les autres, ressentir un sentiment d’appartenance à une communauté, éprouver le besoin de collaborer et de prendre sa place, donner et recevoir du soutien, et mettre tous ses talents au service de quelque chose de plus grand que soi.
Les instincts sont logés dans le corps, et leur déséquilibre alimente la souffrance émotionnelle qui, à son tour, nourrit certaines habitudes mentales. Celles-ci tentent, en vain, d’apaiser le cœur et nous empêchent de demeurer ouverts et curieux.
Dans ce contexte, ne devient-il pas pertinent de chercher à rétablir l’équilibre? Pour cultiver davantage de paix intérieure, sentir que nos besoins les plus fondamentaux sont comblés, laisser plus de place à la créativité et entendre avec plus de finesse ce à quoi nous sommes appelés à contribuer dans ce monde?
Nathalie Grenier, ACC, CRHA pour Convivium
Coach en développement intégral
Crédit photo: Leonard von Bibra sur Unsplash
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